| Gaël Leroux - Cuba


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A partir de 1959, date de la Révolution menée par Fidel Castro, les pratiques religieuses à Cuba se font discrètes ou disparaissent même.
Depuis 1989, on assiste à une renaissance religieuse, en réponse peut-être à la crise de croyance au socialisme.
En 1993 les évêques cubains, dans une lettre ouverte dénoncent le déclin du système social et des valeurs morales du pays. Depuis, Fidel Castro a ouvert la porte aux pratiques religieuses. On note une intensification des magies religieuses et une dévotion diffuse qui mélange codes et symboles. C'est dans le polythéisme que l'on retrouve les racines Afro-cubaines de la "Règle de Ocha"ou "Santeria", de la "Règle Conga" ou "Palo monte" et des sociétés "Abakuà".

Les dieux Afro-cubains rassemblent une grande partie de la foi populaire, car ceux-ci ont des attitudes et des sentiments humains. Leurs légendes racontent toujours des aventures guerrières ou érotiques remplies de fantaisie débordante. Leurs desseins sont aussi très plausibles et réels tant ils s'adaptent à la réalité de chaque croyant qui est toujours le fils de l'un d'eux.
Les pratiques Afro-cubaines sont d'essence syncrétiques: avec des combinaisons de codes et d'images de la religion catholique et du spiritisme.
Chaque Orisha (dieu africain) s'identifie à un saint catholique. Ainsi, les jours de fêtes catholiques sont aussi utilisés par la religion afro-cubaine pour célébrer ses propres fêtes. Les orishas africains ont donc acquis une double image et une correspondance avec un saint catholique. Les cultes se croisent dans un climat de tolérance.
Il n'est pas étonnant que "Ochùn", déesse provocante, belle métisse coquette et luxurieuse soit identifiée à la vierge de la "Caridad", patronne de Cuba, car pour les cubains, il n'est pas nécessaire de différencier les saints catholiques des orishas africains.

Chaque année des adeptes de la religion santeria, prêtres "santeros" se réunissent pour déterminer quelle "lettre" ou dessein régira la vie des personnes.
En1994 la "lettre" annonçait que les morts ne seraient pas enterrés et que beaucoup de gens allaient mourir. Cette année là beaucoup de cubains ont péri en essayant d'atteindre la côte américaine à bord d'embarcations précaires.
Pour 1997, la "lettre" annonce que "beaucoup de gens vont mourir ou tomber malades, alors on doit prendre soin de sa santé par dessus tout".

A toute cette atmosphère de culte religieux et de dévotion, s'ajoute la visite du Pape Jean-Paul II en janvier 1998, que tous attendaient, catholiques ou pas. Beaucoup de cubains comptaient sur cette visite pour de futurs changements dans la situation du pays. Le Pape effectua une messe sur la place de la Révolution à la Havane.